(Charny – Quartier 21, Lot 155)
Hommage au Fondateur
Le monument érigé en 1945 par la Fabrique n’est pas qu’une simple stèle funéraire ; il honore la mémoire du premier curé de Charny, l’homme qui a forgé l’identité de la paroisse pendant plus de trois décennies.

Un bâtisseur au temps du rail
Nommé le 29 juillet 1903, l’abbé Omer Poirier arrive au moment où Charny connaît une effervescence économique sans précédent grâce à l’essor du chemin de fer. Véritable « âme dirigeante », il ne se contente pas de son rôle spirituel :
- Administrateur visionnaire : Il met à profit ses talents de gestionnaire pour structurer la jeune paroisse et prête même main-forte à la fondation d’autres communautés religieuses dans la région.
- Éducation et foi : Il multiplie les démarches pour attirer des communautés religieuses enseignantes, assurant ainsi le développement scolaire de la population croissante.
- Vie sociale : Il fonde de nombreuses associations paroissiales, plaçant l’Église au cœur de la vie quotidienne des cheminots et de leurs familles.
Une autorité respectée
Le curé Poirier a laissé le souvenir d’un homme au caractère rigoureux. Ses réprimandes publiques du haut de la chaire, caractéristiques de l’époque, imposaient aux paroissiens un respect teinté de crainte. Cette autorité morale lui a permis de maintenir une cohésion sociale forte durant les 33 années de son ministère, qui a pris fin en août 1936.
Un dernier retour vers sa paroisse
Bien qu’il se soit retiré dans sa maison natale à Saint-Joseph-de-Beauce pour sa retraite, son lien avec Charny est demeuré indéfectible :
- Au printemps 1944, gravement malade, c’est à l’hôpital de Charny qu’il vient d’abord se faire soigner.
- Sentant la fin approcher, il retourne s’éteindre chez lui le 21 août 1944, à l’âge de 77 ans.
- Selon ses dernières volontés, il a été ramené à Charny pour être enterré au milieu de ceux qu’il a guidés pendant la majeure partie de son sacerdoce.
Faits historiques et sources
- L’érection canonique de Charny (1903) : La nomination du curé Poirier coïncide avec la fondation officielle de la paroisse de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, rendue nécessaire par l’explosion démographique liée au carrefour ferroviaire.
Source : Archives de l’Archidiocèse de Québec. - Rôle social du curé de paroisse : Au début du XXe siècle au Québec, le curé cumulait souvent les rôles de chef spirituel, de conseiller économique et de médiateur social, particulièrement dans les « villes de compagnie » comme Charny.
Source : Linteau, P.-A., Durocher, R., & Robert, J.-C. (1989). Histoire du Québec contemporain. - L’Hôpital de Charny : Mentionner son hospitalisation à Charny souligne l’importance des infrastructures locales que le curé avait lui-même contribué à encourager ou à soutenir durant son mandat.
Source : Petite histoire de Charny (1978), Comité du centenaire. - Divergence de dates : Certaines sources notent le décès le 20 août, d’autres le 21 août. La stèle funéraire ou les registres paroissiaux de Saint-Joseph confirment généralement le décès le 21 et les funérailles à Charny peu après.
Source : Registres de l’état civil du Québec (BAnQ).
