(Saint-Romuald – Quartier 40 – Lot 92)
Jean Barbeau est né le 10 février 1945, 44 rue de la Fabrique (aujourd’hui Chemin Du Sault) à St-Romuald, fils de feue Jeanne Bussières et de feu Raymond Barbeau. Lors de son cours classique au Collège de Lévis, il produit ses premiers textes. Dès 1966, il écrit sa première pièce de théâtre Cain et Babel, avec Serge Laliberté et Guy Tremblay (tous deux natifs de Saint-Romuald et amis de Jean), et remporte la Palme au Festival d’art dramatique des Collèges classiques.
Poursuivant des études de lettres à l’Université Laval, il entre, en 1968, dans la Troupe des Treize qui joue ses pièces. (La Troupe avait en 1957-1958, nommé un premier véritable directeur artistique en la personne de Gilles Vigneault, alors étudiant.) En Mars 1968, sa pièce Et caetera, jouée par la Troupe des Treize, au Festival d’art dramatique du Canada (Dominion Drama Festival) à Windsor (Ontario), remporte deux prix : celui de la meilleure pièce en français et celui dédié à la Troupe pour la meilleure interprétation. En 1969, Jean Barbeau fonde avec une équipe de comédiens (dont Dorothy Berryman, Marc Legault, Claude Septembre) le Théâtre Quotidien de Québec(TQQ), où, le 22 juillet 1970, il crée Goglu, une pièce en un acte, qui se déroule au quai du bateau de Saint-Romuald et qui fera le succès de son auteur. Marc Legault et Raymond Bouchard en sont les interprètes. Il fera l’inauguration du grand théâtre de Québec en 1970 avec sa pièce sur le Bingo, O 70.
Ses pièces seront par la suite créées par le Trident, le Théâtre populaire de Québec, la troupe des Sans l’sous, la Nouvelle Compagnie théâtrale et le Théâtre du Rideau vert. La plupart de ses pièces ont été produites à travers toute la province et le Canada autant qu’à l’étranger, dans leur version originale, traduites ou adaptées.
Le 21 mars 1979, le Théâtre des Voyagements présentait au public montréalais une création collective qui allait devenir LA pièce à succès de l’histoire du Québec: Broue, toujours à l’affiche.
Jean Barbeau participe à la rédaction de Broue avec dix autres rédacteurs dont Germain Beauchamp, Gaston Caron et Robert Gurik. De ses très nombreuses productions pour le théâtre et la télévision, nombre d’entre elles sont étudiées pour leur portée emblématique de la culture québécoise, dont Goglu, pièce que Jean Barbeau préfaçait à l’époque ainsi » Goglu ramène ce rituel [dramatique] à deux voix, à un duo classique presque statique mais non moins symbolique d’un Québec « agonique » qui doit bien être le nôtre. » Jean Royer préface l’édition ainsi « Et Jean Barbeau a reconnu pour nous, Lacroix et Goglu. Le théâtre québécois continue de s’ouvrir à la réalité quotidienne, aux racines du rêve. Jean Barbeau nous apprend les règles du jeu. »

Source : Texte original de Juliette Delrieu, « Jean Barbeau, dramaturge », La Carvelle 2007, Société d’histoire de St-Romuald
