(Charny – Quartier 22 – Lot 144)
(1876-1952) : Du rail à la mairie
Alfred Arcand incarne parfaitement l’ascension sociale de cette classe ouvrière qui a bâti Charny. Arrivé dans la région au tout début du XXe siècle, il a consacré sa vie au service de sa communauté, tant par son métier que par son engagement politique.
Un parcours marqué par la polyvalence
Installé à Charny dès 1904, Alfred Arcand illustre la réalité des travailleurs de l’époque. Il cumule d’abord les fonctions de journalier à l’entrepôt de marchandises du chemin de fer et de cordonnier, un métier artisanal essentiel à la vie de quartier. Son sérieux lui permet d’obtenir un poste stable au Canadien National (CN), où il fera carrière pendant 33 ans.
Un maire bâtisseur (1933-1945)
Élu à la tête de la municipalité en pleine période de turbulences économiques, son mandat de 12 ans est marqué par des réalisations concrètes qui ont modernisé les infrastructures de Charny :
- Sécurité publique : Conscient des risques accrus d’incendie dans une ville dominée par les activités ferroviaires, il organise le premier véritable système de protection contre les incendies.
- Hôtel de ville et caserne : Il est le maître d’œuvre de la construction d’un édifice multifonctionnel névralgique, abritant sous un même toit la caserne des pompiers, la salle du Conseil municipal et les bureaux administratifs.
- Services aux citoyens : Son dernier acte symbolique et politique d’envergure fut la signature du contrat d’achat du système d’aqueduc par la municipalité, assurant ainsi une gestion publique de l’eau.

Faits historiques et sources
- L’ère du Canadien National (1923) : Bien qu’Alfred Arcand ait commencé sa carrière ferroviaire plus tôt, c’est en 1923 que le gouvernement fédéral fusionne plusieurs compagnies (dont le Grand Tronc) pour créer le CN. Ce changement a stabilisé les emplois à Charny.
Source : Archives de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada. - Municipalisation de l’aqueduc : À l’époque, de nombreux systèmes d’aqueduc étaient privés (souvent gérés par les compagnies ferroviaires ou de riches propriétaires). Le rachat par la ville sous Arcand marque un tournant vers l’autonomie municipale.
Source : Procès-verbaux de la Ville de Charny (1940-1945). - Le contexte de la Grande Dépression : Son élection en 1933 survient au plus fort de la crise économique. Les maires de cette époque devaient faire preuve d’une gestion administrative serrée, ce qui explique l’importance accordée à ses talents d’organisateur.
Source : Histoire de la Ville de Lévis, Société d’histoire de Lévis. - L’architecture institutionnelle : La construction d’un édifice regroupant les services incendie et l’administration était une stratégie courante dans les villes de taille moyenne pour centraliser les coûts et les interventions.
Source : Petite histoire de Charny (1978).
