Jean Gosselin, télégraphiste et gardien de l'histoire ferroviaire de Charny

Gosselin, Jean

(Charny – Quartier 24 – Lot 255)

(1921-2002) : L’historien du rail

Né à Charny et fils de cheminot, Jean Gosselin incarne l’âme de cette « ville du train ». S’il a passé l’essentiel de sa vie active au service du rail, c’est par sa plume qu’il a assuré la pérennité de l’identité locale, devenant le chroniqueur incontournable de la vie ferroviaire.

Une carrière au rythme du morse

Fidèle à la tradition familiale, il entre au Canadien National (CN) où il exerce le métier de télégraphiste pendant près de 40 ans. Dans ce rôle névralgique, il a été le témoin direct de l’époque où les communications codées dictaient le mouvement des convois et la cadence de la gare de Charny.

Le passage à l’écriture : un legs patrimonial

C’est à l’heure de la retraite que Jean Gosselin entreprend son œuvre la plus marquante : documenter le quotidien de ceux qui ont bâti sa ville. Il publie trois ouvrages de référence qui font aujourd’hui partie du patrimoine littéraire lévisien :

  • « Cheminots, qui êtes-vous ? » (1979) : Une exploration de l’identité et de la culture ouvrière des employés du rail.
  • « Portraits de cheminots » (1982) : Un recueil de témoignages et de visages qui humanise l’histoire industrielle.
  • « O.S. Charny – Le train au cœur du développement de Charny » (2000) : Son œuvre synthèse, où il analyse comment l’ordre de service (O.S.) et le chemin de fer ont façonné l’urbanisme et l’économie locale.

Un hommage permanent

En reconnaissance de son immense contribution à la culture et à l’histoire régionale, la bibliothèque municipale située sur l’avenue des Églises porte aujourd’hui son nom. C’est un hommage symbolique fort : le lieu où l’on conserve le savoir porte le nom de celui qui a sauvé l’histoire de Charny de l’oubli.

Crédit photo : Claude Richard

Faits historiques et sources

  1. L’importance du télégraphiste (O.S.) : Le titre de son dernier livre, O.S. Charny, fait référence à l’« Order Signal » ou « Train Order ». Avant l’automatisation, le télégraphiste était celui qui transcrivait les ordres de circulation essentiels à la sécurité des trains.
    Source : Association canadienne d’histoire ferroviaire (ACHF).

  2. La filiation ferroviaire : À Charny, il était de coutume que les emplois au CN se transmettent de père en fils, créant une culture de « familles cheminotes ». Jean Gosselin est l’un des rares à avoir documenté cette sociologie particulière.
    Source : Gosselin, J. (1979). Cheminots, qui êtes-vous ?

  3. Désignation de la bibliothèque : La bibliothèque Jean-Gosselin a été nommée ainsi pour souligner non seulement son travail d’historien, mais aussi son implication dans la promotion de la lecture et de la recherche historique locale.
    Source : Ville de Lévis, Service des bibliothèques et du patrimoine.

  4. Contexte de l’avenue des Églises : Cette avenue est l’artère historique reliant les noyaux institutionnels de Charny, rendant l’emplacement de la bibliothèque Jean-Gosselin d’autant plus significatif au sein du paysage urbain qu’il a lui-même étudié.
    Source : Répertoire toponymique de la Ville de Lévis.

Nous remercions la Société de généalogie de Lévis, dont madame Pauline Dumont, et la Société d’histoire de Lévis de nous avoir partagé leurs recherches et donné accès à leur documentation.

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