Gelly, Émile

(Lévis – Mgr Déziel – lots 24-25)

Du milieu ouvrier à la magistrature

L’histoire d’Émile Gelly est celle d’une ascension sociale fulgurante, portée par l’éducation et un engagement indéfectible envers sa communauté. Fils de Godfroy Gelly, arrimeur, et de Dézoada Bernier, il a su s’élever parmi les plus éminents juristes de sa province.

Une formation d’élite au Collège de Lévis

Émile Gelly se distingue dès ses études secondaires au Collège de Lévis. Le 22 juin 1886, il couronne son parcours classique en faisant partie du cercle restreint des quatre bacheliers en rhétorique de l’institution.

Durant ses années d’études, il développe un talent marqué pour les arts de la scène, participant activement à la vie culturelle du collège :

  • 1887 : Il joue dans la pièce La perle cachée du cardinal Wiseman lors d’une soirée dramatique et musicale.
  • 1889 : Dépassant le cadre scolaire, il incarne Georges Laurier dans la pièce Papineau de Louis Fréchette, présentée au profit de la Société de Saint-Vincent de Paul. Ce « magnifique succès » témoigne déjà de son aisance oratoire et de sa fibre philanthropique.

Engagement social et éducation populaire

Avant même de pratiquer le droit, Émile Gelly s’investit dans l’éducation des travailleurs. Le 12 décembre 1890, lors de l’ouverture des écoles du soir dans le nouvel Institut des Ouvriers, il agit comme professeur auprès de deux cents élèves. Cet engagement auprès de la classe ouvrière, dont il est issu, marque les débuts de sa vie publique.

Annonce

Carrière juridique et politique

Le 13 janvier 1893, il franchit une étape décisive en étant admis au Barreau. Il établit sa pratique à Québec et à Lévis (rue Wolfe), comme en témoignent ses publicités dans le Bulletin paroissial.

Son ambition le mène également vers la politique active. Le 26 mai 1896, lors d’une grande assemblée conservatrice à la salle Notre-Dame, il annonce officiellement sa candidature pour le mandat fédéral contre le docteur Guay.

Sa rigueur et son intelligence le conduiront ultimement à la fonction de juge, une consécration documentée par l’historien Pierre-Georges Roy.


Faits historiques et sources

  1. L’Institut des Ouvriers de Lévis : Fondé à la fin du XIXe siècle, cet institut était un pilier de l’éducation populaire. Le fait qu’Émile Gelly y enseigne démontre le mouvement de solidarité intellectuelle envers la classe ouvrière lévisienne de l’époque.
    Source : Société d’histoire de Lévis / Fonds de l’éducation populaire.

  2. Louis Fréchette et « Papineau » : Le fait de jouer une pièce de Fréchette (illustre poète né à Lévis) au profit de la Saint-Vincent de Paul montre l’imbrication étroite entre la culture, le nationalisme canadien-français et la charité catholique à la fin du siècle.
    Source : Archives de la Société de Saint-Vincent de Paul de Lévis.

  3. Pierre-Georges Roy et « Les juges de la Province de Québec » : Cette source est l’ouvrage de référence par excellence pour la biographie des magistrats québécois. Roy était lui-même un grand archiviste lévisien.
    Source : Roy, P.-G. (1933). Les juges de la province de Québec. Archives de la Province de Québec.

  4. Le Barreau de Québec au XIXe : À cette époque, l’admission au barreau exigeait non seulement des connaissances juridiques, mais aussi une probité morale exemplaire, souvent cautionnée par les autorités religieuses locales.
    Source : Bulletin paroissial de Lévis (v. 12, 1910).

Nous remercions la Société de généalogie de Lévis, dont madame Pauline Dumont, et la Société d’histoire de Lévis de nous avoir partagé leurs recherches et donné accès à leur documentation.

Le parcours Empreintes est une réalisation de Mont-Marie, corporation de cimetières. Aidez-nous à aménager des espaces agréables et paisibles

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