Lauréat Vallière

(Saint-Romuald – Quartier 42 – Lot 576)

Né en 1888 à New Liverpool et dès l’âge de 10 ans, il expose ses dessins dans le salon de barbier de son oncle au Château Frontenac. À l’âge de 15 ans, en 1903, il entre comme apprenti chez l’ébéniste Joseph Villeneuve où il gagne 1 $ par mois en plus de ses repas. Au cours de cette période, il réalise deux statues avec Joseph St-Hilaire (3,65 m et 2,43 m).

À l’âge de 19 ans, il fait un séjour de deux ans à Montréal (1907-09) où il fait connaissance de Philippe Hébert. À son retour en 1909, on apprend le décès de Ferdinand Villeneuve. En cette même année, Lauréat se marie avec Marie-Ange Nadeau.

En 1909, Joseph St-Hilaire obtient le contrat pour la chaire de l’église de St-Romuald et engage Lauréat Vallière qui a maintenant 21 ans. Jusqu’en 1918, Vallière réalise toute la sculpture de relief ou de ronde-bosse et l’ornementation des ouvrages produits par l’entreprise de Jos. St-Hilaire.

De 1918 à 1946, Lauréat Vallière travaille chez Villeneuve avec six autres sculpteurs. On dit qu’il exécutait ses œuvres avec beaucoup de facilité d’après les plans qu’on lui apportait.

Comme il était rapide dans l’exécution de ses pièces, il bénéficiait d’un statut particulier. II prenait trois jours pour exécuter une pièce qu’un autre prenait une semaine à réaliser. Il était payé à la pièce et lorsqu’il avait terminé son ouvrage, il pouvait travailler pour son compte personnel. Il était aussi le mieux payé dans l’atelier avec son 0,40 $ l’heure.

En 1946, à l’âge de 58 ans, Lauréat ouvre sa propre boutique sur la rue du Collège que son fils Robert avait construite en 1945. Auparavant, il travaillait dans son hangar à bois qui devint par la suite une cuisine d’été.

Vallière travaillant dans son atelier.

Ses fils Robert et Paul-Émile qui avaient fait leur apprentissage chez Villeneuve travaillent avec leur père à cette époque tandis que leur sœur Auréat travaille également avec son père en tant que peintre. Elle a peint entre autres le Sacré-Cœur dans l’église de St-Romuald ainsi qu’une centaine de tableaux.

Comme Lauréat a de la difficulté à évaluer la juste valeur de son travail, il se sous-estime et ses soumissions sont souvent trop basses. Il est un excellent artiste mais un piètre homme d’affaires.

En 1947, son ami Armand Demers qui habite à Chicoutimi (et qui a été désigné membre honoraire de notre société d’histoire en 1995) lui commande une réplique de la statue de Notre-Dame-du-Saguenay sculptée par Louis Jobin. Vallière dans sa correspondance affirme qu’il peut faire encore mieux que Jobin. Cette statue se retrouve encore aujourd’hui à l’extrémité est de la rue Jacques-Cartier à Chicoutimi.

Vallière - Notre-Dame-du-Saguenay
Vallière sculptant Notre-Dame-du-Saguenay

Lauréat cesse ses activités en 1970 et devient partiellement invalide l’année  suivante. C’est sa fille Auréat qui s’occupe de lui. Lauréat décède en 1973 et Auréat en 1974.

Lauréat Vallière est sans contredit l’artiste qui s’est le plus démarqué parmi toutes ces personnes qui ont travaillé dans les ateliers de sculpture. Il fut un artiste complet, sachant s’exprimer autant par le dessin, la peinture, la sculpture sur bois que sur pierre. En novembre 2001, la ville de Saint-Romuald lui a rendu hommage en désignant la bibliothèque municipale du nom de son sculpteur le plus célèbre.


Source : Texte original  provenant du fonds  Armand-Demers des Archives de la Société d’histoire de St-Romuald , « Lauréat Vallière », La Carvelle 2010 – ,  Société d’histoire de St-Romuald

Nous remercions la Société de généalogie de Lévis, dont madame Pauline Dumont, et la Société d’histoire de Lévis de nous avoir partagé leurs recherches et donné accès à leur documentation.

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